mardi 28 juin 2016

Pokemon et philo



          En ce jour d'été bien grisou, la motivation n'est pas vraiment au rendez-vous, c'est le moins que l'on puisse dire. En traînant dans ma piaule, mon regard est alors attiré par un petit clignotement rouge : ,c'est ma bonne vieille nintendo, qui, sur le point de s'éteindre abruptement, en pleine lutte, déployant ses efforts afin de puiser dans les tréfonds de sa batterie, me fait signe.
Puisque j'ai bon coeur, (et parce qu'il est si agréable de rester confortablement muré chez soi en état léthargique, à regarder le temps bien dégueu dehors), je me décide de la recharger, et de l'allumer, mettant fin à son état de veille prolongée (pas de demi mesure tant qu'à faire).
De manière inconsciente, mon regard et mon attention se dirigent alors vers la jolie icône bleue du menu, Pokemon. Je me retrouve dans une ville inconnue, cette musique si familière (qui envahit ma mémoire auditive alors que j'écris ces lignes, en bonus ici), quelques pokémons niveau 10, 12.. j'y joue cinq minutes. CINQ MINUTES.

C'était il y a quatre jours. A l'heure où j'écris ces lignes, j'ai battu la ligue.

Oui, j'ai battu la ligne, et une nouvelle histoire qui suit mon sacre en tant que nouveau maître Pokémon m'attend, je vais reprendre mes idées embryonnaires concernant la stratégie, peaufiner mon équipe, jouer online etc...
                                                                Que de projets. Mais ceux là, je vous conseille gentiment de les garder bien au chaud lorsque arrive Noël, avec conjointement ce moment fatidique du dîner de famille où votre vieille tante ou mère-grand "rabarjoise"  ( rabat-joie, bourgeoise, j'hésitais) vous demande :

  • Où en sont les amours
  • Le bilan de votre année
Vous vous êtes préparé(e) longtemps à cette question, expérimenté sans relâche afin de trouver le dosage, l'équilibre parfait entre vague et concret, savoir en dire ni trop (surtout pas trop), ni trop peu. Oui, exercice d'orfèvre, j'en ai conscience. Une fois passé et réussie (1) la question sur les amours, la plus difficile, il ne s'agit pas de foirer l'interrogatoire en renversant la donne. Évitez les lapsus " pokemon" sur les questions concernant votre année scolaire, universitaire ou professionnelle. Conservez votre trajectoire, vague, concret, net. Une fois la séance de torture finie, la tante ou la mémé partie fumer son cigare ou s'entretenir politique avec monsieur ou madame Y ou X, vous pouvez vous consoler avec une coupe de champagne, une poignée de gâteaux apéro, ce qui vous passe sous la main ( facultatif ).


Mais je m'éloigne. J'en reviens alors au vif du sujet car oui, pour philosopher, Pokémon est un bon terrain.

  • La liberté - Le choix - le sujet
Protégé et entouré de ses adorables créatures, Pokemon, c'est d'abord l'histoire d'un enfant de 10 ans, Sacha, qui quitte son village, le cocon familial et la sécurité parentale. En âge de parcourir le monde (initialement limité à la région de Kanto, ce qui est déjà plutôt déjà pas mal), il veut mettre toutes les chances de son côté pour devenir "maître Pokemon".
Qui, quel enfant n'a donc jamais rêvé de parcourir le monde?
Cette notion de liberté est donc intimement liée avec la notion de choix à laquelle notre héros va tout de suite être confronté puisqu'il va devoir choisir un pokemon parmi trois d'entre eux pour débuter son odyssée. Ces trois options sont donc Carapuce, Bulbizarre et Salamèche. Ayant chacun un type different, et une identité propre en tant qu"individus" singuliers et propres, chaque choix induit pour Sacha un nombre de possibilités, de situations qui pourront, ou non, se réaliser, chaque pokemon l'emmènerait alors potentiellement dans un chemin différent.
Avant ce jour fatidique où il va devoir communiquer au Professeur Chen son choix, son désir, par un cheminement de pensée, Sacha pense vouloir Carapuce, et donc, le demander au professeur Chen. 
Parce que Sacha est un sujet ( définition en fin d'article ), il a la faculté de penser, une faculté de mémoire, de visualiser. Il peut donc anticiper le futur et se projeter avec Carapuce dans le futur, et donc émettre l'hypothèse de ce que Carapuce pourrait lui apporter ( comme si il misait, il n'en a pas la certitude, mais en se basant sur ce qu'il connaît de Carapuce, il peut tenter d'anticiper le futur selon des données plus ou moins fondées), avoir une idée de ce qu'ils pourraient donc réaliser ensemble. 

Or, ce choix va donc se transformer en une contrainte. Cette contrainte va donc se heurter à sa liberté de choix, initiale. Le jour J, Sacha se réveille en retard, et arrive donc trop tard au laboratoire puisque les trois pokemons ont donc déjà été pris. La liberté n'est donc pas totale pour Sacha, puisque la liberté d'autrui a donc une résonance sur sa propre liberté. Nos choix ne dépendent donc pas que de nous mais dépendent aussi des autres. Sacha se heurte aussi à la question de la responsabilité puisque un être libre et conscient de ses actes est aussi un un être responsable. Peut-être dépendait-t-il alors de lui trouver un moyen de se réveiller plus tôt (mais peut-être que cela ne dépendait pas de lui, si nous admettons que le réveil est tombé en panne durant son sommeil!). Cet oubli ou cet événement a donc une conséquence extrêmement importante sur son futur puisque cela va l'amener à se heurter à une contrainte : Chen, n'ayant plus les trois Pokemons, confie alors à Sacha un Pikachu. Sacha ne choisit donc pas comme il l'avait prévu initialement, mais cette contrainte va avoir des répercussions très importante sur son identité, sur sa trajectoire. Sans cet évènement, le Sacha dont nous avons pu suivre les aventures ne serait pas devenu celui qu'il et devenu.
"Choix et conscience sont une seule et même chose"
Jean Paul Sartre



à suivre.











Gobou, mon amour










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